L’IA au Togo : où en est-on vraiment, et que faire maintenant ?
Sur l’intelligence artificielle en Afrique, on entend un peu tout : pour les uns, la révolution est déjà là, pour les autres, c’est une mode qui passera. Nous avons préféré regarder les chiffres disponibles, en précisant ce qu’ils valent.
Environ un Togolais actif sur dix
D’après le rapport de Microsoft sur la diffusion de l’IA dans le monde, publié en septembre 2026, 10,4 % des Togolais de 15 à 64 ans ont utilisé un outil d’IA générative (ChatGPT, Gemini, Copilot, Claude…) au deuxième trimestre 2026. La moyenne mondiale est de 18,8 %. Le Sénégal est à 14,4 %, la Côte d’Ivoire à 13,7 %, et l’Afrique du Sud mène le continent avec 23,9 %.
Ce chiffre est une estimation. Microsoft manque de données propres au Togo et donne la même valeur à tout un groupe de pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Bénin, le Ghana, le Nigeria et le Burkina Faso. Il faut donc le lire comme un ordre de grandeur.
Il confirme quand même ce que l’on voit autour de nous : beaucoup de gens utilisent déjà l’IA, mais chacun de son côté. Un salarié rédige un courrier avec ChatGPT sur son téléphone, sans que son entreprise le sache. Ce qui manque le plus souvent, ce sont des règles, des outils choisis et des équipes formées.
Les dirigeants africains y croient, mais se sentent en retard
L’enquête annuelle de KPMG auprès des dirigeants africains, publiée en octobre 2026, va dans le même sens. 72 % d’entre eux font de l’IA une priorité d’investissement. Pourtant, seulement 14 % estiment que leur organisation avance au bon rythme, contre 66 % des dirigeants dans le monde. 59 % citent le manque de compétences de leurs équipes comme un frein.
Le budget et la volonté existent donc souvent. C’est la formation qui manque.
Ce que prépare l’État togolais
En novembre 2024, le Grand Atelier du Digital, organisé à Lomé, a lancé l’élaboration d’une stratégie nationale pour l’IA. Quatre secteurs ont été jugés prioritaires : l’éducation, la santé, l’agriculture et la protection sociale.
En novembre 2025, au sommet régional de Cotonou, la ministre Cina Lawson a présenté les priorités du Togo : un agent d’IA pour le système scolaire, la numérisation de tous les ministères en dix-huit mois, et une infrastructure de calcul partagée entre pays d’Afrique de l’Ouest, en s’appuyant sur un nouveau centre de données de niveau Tier III+ réalisé avec la Banque mondiale.
L’administration se numérise. Les clients et les partenaires des entreprises vont suivre le même chemin.
Et pour une entreprise à Lomé ?
Commencez par un état des lieux. Qui utilise déjà l’IA chez vous, pour quelles tâches, avec quelles données ? La réponse surprend souvent.
Fixez ensuite quelques règles simples. Quelles informations ne doivent jamais sortir de l’entreprise, comme les fichiers clients, les contrats ou les chiffres ? Quels outils sont autorisés ? La loi togolaise n° 2019-014 sur la protection des données personnelles s’applique aussi quand on colle des informations dans un outil d’IA.
Formez vos équipes avant d’acheter. Un outil mal compris coûte plus qu’il ne rapporte, et l’enquête KPMG montre que c’est la compétence qui fait le plus défaut.
Une marge de progression
Entre 10 % au Togo et 19 % dans le monde, l’écart est réel, mais il peut se combler. Les entreprises qui organisent leur usage de l’IA dès maintenant prendront de l’avance.
Si vous voulez savoir par où commencer, c’est l’objet de notre audit IA et de notre formation « Comprendre et maîtriser l’IA ».
Sources
- Microsoft, Global AI Diffusion, Q2 2026 (septembre 2026)
- Pebblous, analyse de la méthode du rapport Microsoft (estimations régionales)
- KPMG, 2026 Africa CEO Outlook (octobre 2026)
- République Togolaise, « Une stratégie nationale pour l’IA » (novembre 2024)
- Togo First, priorités du Togo en matière d’IA (novembre 2025)
